Archivé — À la guerre comme à la guerre

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Jean-Pierre Frigon s'intéresse depuis longtemps à la participation canadienne-française aux efforts de guerre. Le programme d'études officiel en parlant peu, il y a ajouté un module de son cru, qui s'étend sur une période de trois ou quatre mois. Le module compte trois grands volets : un travail de recherche sur la dernière guerre, un voyage en France et des activités de collecte de fonds en vue du séjour.

L'histoire en chair et en os

Chaque année, l'enseignant demande à ses élèves de préparer un exposé sur la vie durant la Deuxième Guerre. L'originalité de sa démarche est une question d'éclairage. Au lieu d'apprendre l'histoire à travers des personnages célèbres ou des événements marquants, les élèves la voient à travers les yeux de leurs proches. Les paramètres du projet sont les suivants :

  • Les élèves recueillent le témoignage oral d'un proche dont la vie a été marquée par la Deuxième Guerre (p. ex. un vétéran ou un membre de sa famille, l'ancien employé d'une usine de guerre, une participante à l'effort de guerre). Les témoins prêtent aussi aux jeunes des photos, lettres, coupons de rationnement et autres documents dont ils se servent pour illustrer leur travail.
  • Les élèves doivent consulter d'autres sources pour augmenter l'information qu'ils ont recueillie.
  • L'exposé doit compter l'équivalent d'au moins cinq pages de texte.
  • Les élèves sont libres de choisir le média de présentation (cédérom, DVD, etc.), pour autant que leur travail soit le fruit d'une analyse poussée et originale de la matière.
  • Les élèves ont un mois pour terminer leur travail.
  • Les résultats sont évalués sur une base subjective.
  • Les élèves doivent remettre une copie de leur travail à leurs témoins respectifs.

« Au début, les jeunes élèves ne sont pas très emballés par la chose; plusieurs traînent de la patte », dit Jean-Pierre. Cependant, il suffit que les élèves rencontrent ' leur ' témoin pour que la dimension humaine de l'histoire les emballe. Ils reviennent de leur enquête avec une meilleure appréciation du sujet.

Heureux qui, comme Ulysse...

Depuis 2007, Jean-Pierre organise chaque année un voyage commémoratif de sept jours en France pour les élèves du cours d'histoire contemporaine. Il s'agit des « Chemins de la liberté », une activité facultative à laquelle participent une trentaine de jeunes.

La première et principale destination des voyageurs est la Normandie, et le moment fort du voyage a lieu au Centre Juno Beach, où les jeunes dévoilent une plaque à la mémoire d'un vétéran de leur région.

Le voyage coûte 1 700 $ par élève, une somme qui n'est pas à la portée de toutes les bourses. C'est pourquoi Jean-Pierre organise une série d'activités qui permettent aux jeunes de financer leur voyage en tout ou en partie, selon leurs besoins.

En 2007, l'enseignant a proposé à ses élèves de créer de grands tableaux représentant tous les vétérans de la Deuxième Guerre de leur région. Ils ont monté leur création dans le corridor menant à la salle de classe et en ont fait un magnifique « Mur du Souvenir ».

Inspiré par l'enthousiasme des jeunes, Jean-Pierre a décidé d'adapter l'idée à la production d'un calendrier historique. Il a demandé à une de ses anciennes élèves devenue graphiste de rencontrer ses élèves en classe d'informatique. Au moyen d'un logiciel spécialisé, elle leur a enseigné à monter eux-mêmes leur calendrier et, par le fait même, à financer une partie de leur voyage en France. « Les entreprises et établissements militaires de la région ont été d'une grande générosité, explique l'enseignant. Nous avons également obtenu des subventions des paliers de gouvernement municipal et provincial. Grâce à ce soutien, les élèves ont pu vendre plus de 1 200 calendriers. »

La plus importante source de revenus est le grand festival Western qui attire chaque année des milliers de visiteurs à Saint-Tite. Les élèves qui y travaillent sont rémunérés selon un tarif horaire préétabli. Ils peuvent même demander à leurs parents de travailler avec eux pour les aider à remplir leurs coffres.

Comme l'a expliqué Jean-Pierre Frigon, la réalisation de ces projets a mis certaines choses en lumière, dont les suivantes :

  • Donner à l'histoire un visage humain, c'est donner aux jeunes le goût de connaître leur passé et de façonner leur avenir.
  • Les élèves qui se sentent interpelés directement par la matière sont motivés et enthousiastes. La qualité de leurs travaux est supérieure à la moyenne.
  • Les outils technologiques stimulent la créativité des jeunes.
  • Les travaux de recherche proposés rapprochent les générations.
  • Les élèves démontrent un degré très élevé de fierté.